vendredi 15 mars 2019

Cizorg 2

En 2016 on avait simplement ajusté une prothèse (cf post "réparer au lieu de jeter").

3 ans plus tard, grave rechute !

Mais cette fois-ci, après amputation du moignon, c'est une véritable greffe qui va remettre sur pied cette paire de ciseaux.

L'intégration du greffon est parfaitement ajustée, sans cou ni vis ni colle, grâce au procédé de surimpression 3D (cf expériences Ook et Tab sur cults3D.com).

Suite à l'opération, une convalescence de quelques minutes et c'est reparti : les ciseaux ont repris une activité parfaitement normale.

mardi 5 mars 2019

Partisan du moindre effort

• Un nouveau besoin mais du genre limité dans le temps (ça grandit vite les zozos !)

 
• Des pièces inutilisées (temporairement ou pas)

• Une recomposition de ces pièces telles quelles (en tout cas sans modification majeure*) pour répondre au nouveau besoin


Et voilà la shaZbrok :


Puis, si tout va bien, d'ici plusieurs mois, on n'en aura plus besoin et les pièces qui composent cette chaise pourront être réaffectées à leur usage initial (* voilà pourquoi on s'est abstenu de faire de trop importantes modifications) ou à un autre besoin inédit...

Bien sûr, on est loin des canons de beauté industriels ou même artisanaux car ce qui importe, c'est la démarche : un véritable procédé de fainéant. Trop la flemme de courir les boutiques ou les sites comparatifs pour dénicher le meilleur rapport qualité/prix/impact écologique… surtout pour un objet dont l'obsolescence est naturellement programmée !
Je suis partisan du moindre effort... environnemental.

mercredi 6 février 2019

Caudal effet

Savez-vous pourquoi les cochons ont la queue en tire-bouchon ?
non ce n'est ni pour la rime, ni pour la frime.
La queue repliée en hélice n'est pas l'état normal de l'appendice caudal. C'est quand l'animal est en état de stress que cela se produit : un ressort sous tension.
Depuis que j'ai découvert cette information, j'ai le cerveau qui frise : il faudrait que ce soit une habitude séculaire pour nous d'angoisser cette espèce, pour qu'on finisse par faire de cette queue en tire-bouchon son symbole, son image spinale...
vivement qu'il retourne à la terre.

jeudi 22 novembre 2018

Cahier décharge


On peut se demander comment sont formulés les cahiers des charges remis aux designers pour la conception des bancs anti-sdf (réflexion suite à l'article sur le collectif design for everyone). J'imagine que l'on n'écrit pas noir sur blanc certaines idées exprimées à l'oral. La formulation doit être plus politiquement correcte.
Est-ce simplement : intégrer la fonction "empêcher de manière design les usagers de s'allonger sur l'assise" ? ou "inscrire une surface d'assise collective dans une utilisation exclusivement individuelle" ? ou plus retord : "garantir un environnement de promenade agréable pour les contribuables" ?
La manière de rédiger ce cahier des charges n'est pas anodin car il définie la responsabilité plus ou moins directe du designer sur la solution qu'il propose. Plus ou moins directe car le designer se doit aussi d'apporter une vision globale, extérieure, a minima une vision qui prend un peu de recul, un point de vue qui peut l'amener à remettre en cause le CDC du client (pas évident en pratique - la politique du "client est roi" autrement dit "celui qui paye a raison" est parfois difficile à contourner - mais c'est ce que vend le design thinking).
Quoiqu'il en soit la démarche est symptomatique de nos travers mondialisés : un CDC généralisé pourrait être rédigé de cette manière "repousser le problème loin de notre vue (et/ou de nos oreilles, de notre nez)".

Wear Space pour se concentrer sur son écran dans un open space / Panasonic / Reddot design award 2017 "best of the best"

Pas de chance, la terre est sphérique : à force d'éloigner le problème, il va finir juste derrière nous ! 
Heureusement il y a une autre solution : "repousser le problème loin de notre temps".
Évidemment pour que ce soit vraiment efficace il faudrait éviter d'accélérer les causes...
Yaka, fokon et Carpe diem, les amis !

Œillère pour se concentrer sur son sillon dans un champ / design award 1611

mardi 13 novembre 2018

World war design

Toujours lors de mes recherches documentaires pour "Morts pour la France" j'ai redécouvert l'artisanat de tranchée. C'est remarquable comme la finesse des motifs gravés, les formes souples sculptées contrastaient avec la dureté brute et mécanique de la matière première issue des déchets (non-organiques) de la guerre alors que le vivant -animal et végétal- disparaissait sous les obus. Comme si la nature tentait de se frayer un chemin au travers de la mécanisation productiviste et destructrice.

Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, le design de la bouteille de Coca-Cola évoluait. On est passé d'une forme droite avec un verre ambré type canette de bière standard à une forme courbe et cannelée, gonflée comme une grenade prête à exploser (*) en 1915, puis plus amincie et couleur vert d'eau en 1916 proche de celle que l'on connait aujourd'hui (avec un verre incolore).
Un changement qui s'est produit en plein "boom" de l'artisanat de tranchée, vers un style curieusement proche de certaines productions des artisans-poilus.

Et dire que cette boisson a été élaborée à des fins médicales... pour soigner quoi déjà ? hé bien d'après Wikipédia c'était pour désintoxiquer de la morphine les vétérans de la guerre de sécession !!

C'est un peu tard, c'est dommage mais on aurait pu célébrer le centenaire de la fin du conflit avec une bouteille colamorative série spéciale finition "tranchée"...

En tout cas les poilus, eux, étaient déjà à la pointe de l'upcycling.

*une forme officiellement inspirée des gousses de cacao